Maryam El Gardoum : La sulfureuse marocaine veut briser le mythe africain

Maryam El Gardoum

 

Le Maroc pourrait être fier d’avoir une fille comme Maryam El Gardoum. Elle est bien connue sur le continent africain de par ses performances en Surf. Meilleure dans cette discipline dans son pays, elle née dans le petit village de Tamraght à 15 Km au nord d’Agadir. Elle a eu le privilège de découvrir cette discipline à l’âge de 11 ans. Mais tout n’a pas été rose comme on peut le penser. Elle n’a pas été accueillie dans cette discipline puisque ce sport test réservé aux hommes mais ses coéquipiers «ont dû s’habituer au fait qu’ [elle] était une surfeuse marocaine, pas une touriste». Et d’ajouter : «Permettez-moi de revendiquer un peu de vague pour moi et pour toutes les autres femmes au Maroc.»

Cette détermination à vouloir s’affirmer comme étant une femme athlète, Maryam l’a depuis son plus jeune âge. Elle l’explique à Der Spiegel : «Quand j’étais enfant, je me demandais constamment ce que les autres pensaient et disaient de moi en tant que fille qui ose attraper les vagues.» Armée de sa plache de surf et munie d’un mental d’acier, elle a envie de montrer au monde entier qu’il y existe «des femmes marocaines, et elles peuvent surfer sacrément bien».

Elle est très reconnue de par le monde à travers les articles écrits sur elle. Elle est arrivée même à damer les pions aux hommes qui pratiquent la même discipline puisqu’elle a été cinq fois championne du Maroc et prendra part à plusieurs compétitions en France, au Portugal et en Indonésie.

Interrogée sur un éventuel projet de carrière à l’étranger, Maryam reste très attachée à tout ce qui fait dans son environnement au Maroc, à savoir la culture arganière, le surf, la famille : «C’est chez moi, et c’est ici que je peux faire bouger les choses.»

Sa prochaine mission est d’aller contre ceux qui ont des idées selon lesquelles, le surf est un sport masculin. Elle le fait déjà en donnant des cours et se permet de véhiculer sa passion partout. Elle dit qu’«au Maroc et dans toute l’Afrique, il n’y pas de marché, la vie professionnelle d’athlète est difficile».

Pour elle, les surfeuses d’ailleurs «bénéficient presque systématiquement de contrats de parrainage». Mais tout le contraire en Afrique. Toutes les correspondances envoyées dans les centres ne sont pas les bienvenues. «Désolé, mais nous n’avons pas de budget pour les femmes en Afrique».

Maryam en fait sa lutte pour changer les mentalités.

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